Chartreuse Dynamique

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Compteur Linky. Le point fin 2019

Publié le 2 Octobre 2019 in Infos diverses

Voilà près de 2 ans et demi que nous avons publié notre premier article sur le compteur Linky (Le compteur Linky quésaco ?). Si on se souvient bien, nous avions regretté maintes fois le manque d'informations techniques sur ce compteur. Depuis 2 ans, nous avons réuni un certain nombre d'infos, parfois contradictoires, provenant à la fois de divers documents, d'une discussion avec un technicien d'Enedis lors d'un dépannage, et d'une réunion avec un représentant d'Enedis chargé d'informer les élus de la commune et quelques "pièces rapportées".
Il est donc grand temps de faire le point sur un sujet qui fait toujours polémique. Nous nous efforcerons d'être le plus objectif possible, nous appuyant sur des faits ou éléments concrets.

Pour compléter les éléments techniques présentés dans cet article, nous conseillons de regarder la vidéo suivante.

Vidéo de Stéphane Marty     Techniquement, c’est du lourd, mais quelques infos très simples sont données entre deux analyses de haut niveau électronique.


Nous rappelons que l'origine du déploiement de Linky vient d'une directive européenne visant à rationaliser la distribution d'électricité en Europe. 
La directive européenne n° 2006/32/CE du 5 avril 2006, article 13, indique que ces compteurs individuels ne doivent être déployés que si cela est :

1: Techniquement possible

2: financièrement raisonnable

3: proportionné compte tenu des économies d'énergie potentielles

D’autre part, le droit européen a constamment insisté pour que l’intérêt pour le consommateur soit l’un des objectifs ou l’une des conditions de ce déploiement. On a particulièrement cet article 50 de la directive de 2009/72/CE qui dit ceci:
L’un des objectifs assignés par les directives européennes est «d’aider les consommateurs à réduire leurs coûts énergétiques ».

Ce premier point n'a pas été contesté, ni même commenté par le représentant d'Enedis. Par contre, celui-ci nous a avoué que les économies et avantages de Linky sont assez limités pour les consommateurs, c'est le gestionnaire de réseau qui en tire le maximum d'atouts. On voit déjà que les conditions avancées pour le déploiement de Linky dans les directives européennes ne sont pas respectées. On continue cependant ce déploiement manu militari.

En fait, l'Europe veut que les pays membres développent des systèmes permettant de mieux gérer les réseaux électriques en y incluant les énergies renouvelables telles que le photovoltaïque et l'éolien. Les compteurs communicants font partie de ces dispositifs, sans pour cela être imposés. Plusieurs pays ont renoncé à Linky, préférant d'autres moyens pour aboutir au résultat recherché. On peut penser que ces pays ont dans leurs dossiers d'autres systèmes moins coûteux et peut être plus efficaces.

Passons à la gestion du réseau, puisque c'est là que Linky devrait apporter le plus d'avantages. On sait désormais qu'il communique chaque minute, au gestionnaire du réseau, la valeur de la puissance apparente en VA (volt ampère) consommée dans l’instant. Cette information est censée permettre de gérer les productions incontrôlables, vent, soleil. Or, ce type de production peut varier fortement en un temps très court, de l’ordre de la seconde. Un nuage qui plonge les panneaux photovoltaïques dans l’ombre, ou une rafale de vent qui affole les éoliennes. Il est évident que le temps entre deux mesures de puissance par Linky n’est absolument pas adapté à des productions dont les variations sont rapides. Il faudrait une mesure toutes les secondes pour être dans le même ordre de grandeur de temps, c'est évident. Il y aurait alors une quantité phénoménale de données à traiter, mais ce serait plus logique. D'autre part, l'ordre de grandeur de la puissance consommée par un abonné est le kilowatt, celui de la production d'une centrale de taille modeste est la dizaine de mégawatts. Il y a donc un rapport 10 000 entre les deux. L'information d'un seul Linky ne sert à rien, il faut un ensemble de plusieurs centaines de compteurs minimum pour que ça puisse influer sur la production de la centrale. Il serait alors beaucoup plus judicieux de faire, au niveau de chaque transformateur de quartier ou de chaque petite commune, une mesure de tension et de courant et de l'envoyer en temps réel. Ce n’est pas compliqué à faire, et ça coûterait bien moins cher que 35 millions de Linky. On se demande bien pourquoi ça n’existe pas déjà! Le représentant d’Enedis a clairement dit que le réseau basse tension est sous équipé, presque archaïque, alors que le réseau haute tension (20 000 volts) est très bien équipé. Très bonne occasion pour mettre le réseau basse tension au même niveau d'équipement. Il semblerait que les mesures de courant existent sur le réseau HT. D’ailleurs, actuellement sans Linky, le réseau est plutôt bien géré par Enedis. Donc, le système qui existe déjà est bien performant. Alors, à quoi donc va servir Linky ? Peut être à autre chose (?). Quant au but de rationaliser les dimensions des lignes, il faut s'attendre dans les prochaines années à ce que toutes les lignes soient sous dimensionnées à cause du développement des véhicules électriques et de leur énorme consommation. Il en sera de même de la production d'électricité. On n'est peut être pas près de nous débarrasser du nucléaire !!!

Le coût du déploiement de Linky fait polémique. Il est estimé à 4,7 milliards (tout compris) par Enedis, entre 5 et 7 milliards par ailleurs. On est bien en France, avec des chiffres différents, suivant qu'ils viennent de la police ou des syndicats.... Enedis est clair, il n'y aura pas de surcoût pour le consommateur dû à l'installation de Linky, le coût sera compensé par les économies qu'il réalisera avec la relève à distance et la gestion des pannes. Actuellement, il y a 2 relevés par an. Il est obligatoire de faire 1 relevé annuel minimum. Mais en fait, cette obligation a été dictée par EDF. On pourrait passer cette obligation à 2 ans, sachant que les abonnés peuvent faire une relève eux mêmes et la transmettre à leur fournisseur quand ils le veulent. Ça coûterait déjà 4 fois moins cher rien que pour la relève des compteurs. L’équilibre entre le coût du déploiement et les économies réalisées provient d’estimations faites par Enedis. Si elles sont confirmées, tant mieux, mais si l’une d’elles ou les deux ne le sont pas, c’est le consommateur qui paiera. Personne, sauf Enedis, ne croit à ces estimations (la cour des comptes en particulier). Il faudra attendre 3 ou 4 ans pour savoir ce qu’il en est de ces estimations. On ne peut donc strictement rien dire avant! Pour le coût du déploiement, Enedis commence déjà à murmurer qu’un dérapage du budget initial serait la conséquence de la forte opposition des Français à Linky. Prépareraient-ils l'opinion dès maintenant ? On sait bien qu’il est très rare que les projets publics Français (et principalement ceux d'EDF) tiennent les budgets initiaux. Le consommateur peut objectivement se faire du souci... Enfin, n'oublions pas que ces quelques milliards devront être dépensés à nouveau tous les 15 à 20 ans, compte tenu de la durée de vie de Linky et des concentrateurs associés. Un gigantesque gaspillage au moment où on chante sur tous les toits qu'il faut arrêter de gaspiller. Et ne nous réjouissons pas trop si les anciens compteurs démontés sont détruits par des entreprises éco responsables. Ça reste quand même un formidable gaspillage.

Voici ce que dit la cour des comptes, seul organisme officiel faisant l'unanimité chez les Français pour la qualité et l'indépendance de ses études.

 

 

Voici quelques liens qui traitent du sujet, mais il y en a bien d'autres :

https://www.marianne.net/economie/eh-non-le-compteur-linky-n-est-pas-gratuit-voici-quand-vous-allez-le-payer

https://www.capital.fr/economie-politique/compteur-linky-pourquoi-il-nest-pas-vraiment-gratuit-1270581

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/10/24/linky-en-questions-le-consommateur-est-il-gagnant-financierement_5373944_4355770.html

https://www.quechoisir.org/action-ufc-que-choisir-compteur-linky-le-vrai-du-faux-n11627/

Linky présente cependant un certain nombre d'avantages: Le changement de type de contrat ou de puissance souscrite se fait à distance, donc plus rapidement et avec un coût réduit. C'est la même chose avec le changement d'abonné en cas de déménagement, plus rapide et moins cher, mais ça coûtera quand même 40% de l'ancien prix avec un compteur standard. Les pannes en tous genres seront mieux évaluées à distance. Mais ça n'empêchera pas le déplacement des techniciens qui restera inévitable dans la majorité des cas, et ceux-ci sont des hommes de terrain efficaces qui ont vite fait le bon diagnostic lorsqu'ils sont sur place. Linky détecte les surtensions sur le réseau, pas celles dues aux orages, mais celles qui découlent de ce qu'on appelle une rupture de neutre, incident technique qui a pour conséquence de faire monter la tension au delà de 230 volts et jusqu'à 400 volts, détruisant tout ce qui est branché (en premier lieu électronique). Linky détecte la surtension, coupe le courant et informe le gestionnaire de réseau. C'est un réel progrès, même si les ruptures de neutre sont très rares. Linky est aussi un outil anti fraude très efficace. Finis les disjoncteurs que l'on déplombe pour en changer le calibre (à la hausse, bien sûr), et le compteur que l'on trafique. Enedis est informé si la "boite" de Linky est démontée !

Linky permet de suivre sa consommation sur internet, celle qui est facturée. Très peu de gens y accèdent. On peut cependant faire ce suivi sans internet et sans Linky, en relevant régulièrement son compteur. Et pour cela, le plus pratique est le bon vieux compteur à disque, dont l'affichage est bien plus lisible que celui d'un écran électronique. Cependant, Linky affiche en plus la puissance instantanée consommée. Il s'agit de la puissance apparente en VA ( volt ampère ), qui est supérieure ou égale à la puissance en watts, celle qui est facturée (suivant le type d'appareils connectés). C'est un avantage certes, mais combien de gens sont capables d'en tirer un quelconque profit ?

 

Il n'est pas possible d'avoir l'affichage de Linky ramené dans son logement lorsque le compteur est à l'extérieur,  sauf si on est en situation de précarité ou que l'on paie (combien ?). Le suivi de sa consommation n'est donc pas toujours aisé, comme le montre cette photo! Connaître sa consommation, ça se mérite parfois !

 

 

 

 

Quant au fait de faire des économies simplement en connaissant la puissance que l’on consomme, comme il fut dit maintes fois, ça prête à sourire. Nous ne connaissons qu’un seul moyen pour consommer moins, c’est de laisser les appareils débranchés ! Et tant qu'on parle de puissance, levons un doute ancien sur le type d'énergie facturée. L'index de consommation que transmet Linky est en kilowatts heure (kWh), c'est à dire exactement la même grandeur qu'avec les anciens compteurs. La puissance instantanée qu'affiche Linky est en kilo volt ampère (kVA). Elle est identique à celle en kW lorsqu'on n'a que des résistances de chauffage branchées. Si on a aussi des moteurs ou transformateurs ou tubes néon, elle est supérieure à celle en kw (à cause du fameux cosinus phi). Mais c'est toujours la puissance en kW (la plus faible) qui interviendra dans la facturation. Linky affiche la puissance instantanée en kVA, car c'est elle qui fera couper en cas de dépassement de puissance souscrite, celle-ci étant aussi en kVA. C'était pareil avec l'ancien système puisque le disjoncteur coupait au delà d'un certain courant, c'est à dire d'une certaine puissance en kVA (sous 230 volts). Nous ne rentrerons pas davantage dans les détails car ça deviendrait imbuvable pour tous les "Bac moins 2" (que nous respectons profondément). Enfin, il faut savoir que la consommation propre de Linky est prise en amont du circuit de mesure. Elle est donc à la charge d'Enedis.

Linky coupe si on consomme trop, et c'est un des points qui inquiétaient le plus les consommateurs et sur lequel nous avons enquêté. Nous avons été abreuvés, quelques années en arrière, par les médias de mises en garde contre les dépassements de puissance qui étaient tolérés par les disjoncteurs de branchement mais que Linky allait interdire.

Nous avions évoqué ce point dans notre précédent article. Dans un premier temps, et faute d'informations claires nettes et précises de la part d'Enedis, nous avons fait faire un test par un possesseur de Linky de la banlieue Grenobloise. Ce test a été décrit en fin du précédent article. Nous l'avons refait à st Pierre de Chartreuse sur un Linky en triphasé installé récemment. Le constat est sans appel, le compteur accepte des courants de démarrage importants qui dépassent franchement la puissance souscrite. Les documents enfin disponibles confirment ces tolérances ainsi que les informations actuelles d'Enedis. Il est maintenant admis que Linky ne devrait pas couper plus rapidement que les anciens disjoncteurs de branchement. Et cette tolérance ne concerne pas seulement les courants de démarrage (très courts), mais des dépassements un peu plus longs. Voici le comparatif des tolérances au dépassement.

On remarque dans ce tableau qu'on compare l'intensité de réglage d'un ancien disjoncteur avec la puissance de coupure de Linky, c'est pas tout à fait pareil. En effet, cette puissance de coupure correspond à un courant de coupure environ 13% plus faible qu'avec les disjoncteurs de branchement. Donc, par exemple, le courant correspondant à 1,4 Pcoup est 13% inférieur à 1,4 Ir , ce qui pénalise un peu Linky sur ce point (de 13%), mais qui est largement compensé par un temps avant coupure bien plus long. Ci-dessous, la même information sous forme de courbe.

Linky est la courbe verte, le disjoncteur les courbes bleues. Il y a 2 courbes bleues à cause de l'incertitude due au mode de fonctionnement du disjoncteur. La coupure de tous les disjoncteurs se situe entre ces 2 courbes. Donc, c'est désormais clair, Linky ne coupe pas plus vite que les disjoncteurs de branchement, il serait même un peu plus tolérant. Quelle différence avec le discours de deux ou trois ans en arrière! Comme quoi, quand on communique, les doutes disparaissent. Espérons que la courbe de coupure de Linky qui est intégrée à son  logiciel ne sera pas modifiée lors des inévitables mises à jour des conditions d'utilisation... A surveiller.

A propos de la coupure du courant par Linky, elle est assurée par l'organe qui est appelé "breaker". C'est un relai électromagnétique (ou contacteur). Contrairement aux disjoncteurs où cette coupure est commandée par un système à la fois thermique et mécanique, celle de Linky est commandée électroniquement. Un électro aimant (bobine) met ou pas le contact entre 2 pastilles comme le montrent les photos ci-dessous (extraites de la vidéo de Stéphane Marty).

 

 

 

 

 

 

 

 

Les pastilles sont  revêtues d'une couche de métal spécial pour assurer la qualité et la fiabilité du contact électrique dans le temps (Il peut passer jusqu'à une centaine d'ampères).

Dernier point à propos de la coupure par Linky, et qui concernait ceux dont le compteur est à l'extérieur, loin de la maison et en milieu montagnard. Les seules infos jusqu'à présent disponibles pour réarmer Linky après une coupure était d'appuyer quelques secondes sur un des boutons du compteur, ce qui obligeait à sortir (éventuellement en pleine nuit sous la neige!). Maintenant, il semble qu'on puisse réarmer en coupant le disjoncteur de branchement, puis de le réarmer après quelques secondes. Linky détecterait alors qu'il n'y a aucune charge à sa sortie et se réarmerait. Nous n'avons pas vérifié cette information.

Les nouvelles offres personnalisées que vont proposer les fournisseurs, grâce à Linky, sont présentées comme un progrès. Effectivement, on peut le voir comme ça. Mais on a connu la même chose avec les télécoms, il y a quelques années, et au vu de la pagaille qui règne dans ce marché, et l'explosion des litiges, on peut douter que ce soit un réel progrès. Sans les dérives, ce serait très bien. On a parlé de mettre les week end en heures creuses. Rien n'empêche actuellement Enedis de mettre les week end en heures creuses. Il n'y a pas besoin de Linky.

Autre progrès, ou présenté comme tel, concerne la facturation qui est réactualisée régulièrement. On paie ce qu'on a consommé depuis le dernier relevé. Donc peu en été, énormément en hiver avec le chauffage. Il y a quelques années, on nous a présenté comme un progrès le fait d’avoir un échéancier annuel de façon à répartir les périodes de forte consommation (chauffage électrique) sur l’ensemble de l’année. Maintenant, on nous vante exactement le contraire. Cherchez l’erreur.

Linky doit permettre de délester un certain nombre d'appareils gros consommateurs en cas de pointe de consommation, ceci afin d'éviter un effondrement du réseau dans certaines situations de crise. Ce serait le même principe que les contrats EJP (effacement jours de pointe) qui ont été supprimés pour les particuliers, mais en plus souple. Il serait personnalisable à chaque abonné, et le délestage pourrait être appliqué à n'importe quel moment de la journée ou de la nuit en fonction des besoins. Ceci écrête les pointes de consommation et leur lot de désagréments comme la surcharge des lignes et des transformateurs et les pertes dans ceux-ci, et c'est une très bonne chose. Nous voyons trois possibilités pour y parvenir :

Utiliser le "breaker" du compteur pour couper. Dans ce cas, on couperait tout, mettant l'usager dans le noir et sans moyen de communication (téléphone). Délester avec le contacteur qui commande le chauffe eau (et éventuellement d'autres appareils), mais si on est déjà en heures pleines, le contacteur est désactivé, on ne gagne donc rien. Communiquer avec des appareils dits connectés qui indiquent à Linky qui sont-ils, la puissance qu'ils peuvent couper si le compteur le leur demande. C'est la solution la plus performante, à priori la seule qui soit vraiment efficace, mais ça veut dire que Linky connaîtrait les appareils équipant un logement, et on voit tout de suite les conséquences pour la protection de la vie privée.

Ceci nous amène tout naturellement à la protection des données. Actuellement, Linky ne communique que la courbe de consommation. A priori, on ne peut pas en faire grand chose, encore qu'il semblerait qu'il existe, chez les géants d'internet, des algorithmes qui permettent de déduire des infos assez détaillées à partir de "pas grand chose". Mais avec le développement des appareils électroménagers connectés, on peut imaginer ce qui se passera dans quelques années ou décennies. Alors, c'est vrai qu'on est déjà suivis et espionnés 24 heures sur 24, mais faut-il en rajouter ? Le principal intérêt (inavoué) de Linky ne serait-il pas là ? Quand on regarde ce qui se passe dans le monde actuellement, on voit qu'il est beaucoup plus juteux de s'approprier des infos sur la vie privée des gens pour les revendre après, que de s'embêter à concevoir et fabriquer des biens matériels ! Et malgré toute sa bonne volonté, ce n'est pas la Cnil qui empêche ça.

Dernier point, et pas des moindres, les ondes électromagnétiques. Linky communique de façon informatique, tant avec les concentrateurs qu'avec certains éléments internes aux logements, il produit donc des signaux électriques dont la fréquence varie entre 60 et 80 kilo Hertz, donc susceptibles de générer des ondes électro magnétiques. Contrairement à ce qui nous apparaît comme un mouvement de pensée unique, nous n'avons pas été convaincus par l'importance de ces ondes dés notre premier article. La raison est que, en cherchant des infos concrètes sur internet, nous avons trouvé des affirmations aberrantes et mensongères concernant ces ondes aberrations qui ont engendré le doute. Certaines de ces infos nous ont été envoyées par des réseaux anti Linky. Le fait de raconter des mensonges ne sert en rien la cause des "anti", au contraire, ça les décrédibilise. Il y a assez d'arguments objectifs pour s'opposer à Linky sans avoir à utiliser des aberrations et des mensonges. Le problème est de 2 ordres :

Les ondes émises dans l'entourage du compteur, comme si celui-ci était une antenne. Il est  important de connaître leur intensité surtout dans le cas où le compteur est à l'intérieur du logement. N'étant jamais aussi bien servis que par soi même, nous nous sommes procurés un détecteur d'ondes, un modèle simple dont la précision n'est pas énorme, mais suffisante pour faire des comparaisons. Nous avons comparé les compteurs à disque (ceux sous abri et ceux en extérieur non protégés), les compteurs électroniques et Linky. A une distance de 70cm, les deux premiers types de compteur émettent quelques dizaines de volts par mètre, entre 30 et 70 suivant l'orientation et le courant qui les traverse, ce qui est beaucoup. Pour Linky, à notre grande stupéfaction, cette valeur est nulle, quelle que soit l'orientation du mesureur. On arrive à mesurer quelque chose en collant le détecteur contre le compteur, surtout sur son flanc gauche. Nous en déduisons que Linky possède des blindages électro magnétiques efficaces. Ces remarques vont dans le même sens que ce qu'a trouvé Stéphane Marty dans son analyse. Ceci est plutôt rassurant pour ceux qui ont le compteur à l'intérieur de leur habitation.

Les ondes émises par les courants porteurs. Elles sont beaucoup plus difficiles à détecter, car il faut connaître à quel moment Linky communique, et ça ne dure qu'une seconde. D'ailleurs, Stéphane Marty n'a pu donner des infos précises à ce sujet malgré un matériel de mesure performant et de solides compétences en électronique.  Cependant, on peut dire que les communications durent 1 seconde toutes les minutes, soit moins de 2% du temps et un peu plus longtemps une fois chaque nuit. La fréquence de ces courants est de l'ordre de 70 kHz (70 000 Hz). C'est une fréquence qui est utilisée dans les appareils à ultra sons pour éloigner les nuisibles, souris, cafards et araignées. C'est aussi en dessous de la bande de fréquences des grandes ondes radios (entre 150 et 300 kHz). France Inter en grandes ondes émettait en 162 kHz. Bien que ce soient des ondes, à notre connaissance, France Inter en grandes ondes n'a jamais tué personne ! Certes, Linky émet des ondes, puisqu'il perturbe le fonctionnement de certains appareils (lampes tactiles, volets roulants, etc), mais c'est parce que ces appareils émettent eux aussi des ondes, de la même fréquence, qui interfèrent avec celles de Linky. Celui ci n'est donc pas plus dangereux que ces appareils, surtout qu'il n'émet qu'une seconde par minute. Les ondes de Linky se superposent aux innombrables perturbations contenues dans le secteur dont beaucoup sont de fréquence bien plus dangereuse que celles de Linky. Qu'en est-il des personnes électro sensibles ? Une fois qu'elles ont éliminé les fours à micro ondes (en tête), les téléphones cellulaires et les sans fil, le wifi, le bluetooth, les ordinateurs, les appareils qui fonctionnent avec un micro processeur (presque tout l'électro ménager) et les montres à quartz, ils leur faut supprimer.... le secteur, surtout dans les pièces où elles passent beaucoup de temps (chambre à coucher). Il y a très peu de chances qu'elles ressentent les effets de Linky dans tout ça.

Néanmoins, on ne peut pas ignorer que les gens sont inquiets à propos de ces ondes. Malgré les études soit disant officielles et indépendantes, les Français ne croient plus aux paroles rassurantes des technocrates, étant maintenant habitués à entendre des mensonges venant du plus haut de l'Etat. C'est toujours quelques années après qu'on apprend la vérité. Souvenons nous, c'est au bout de quelques années qu'on a appris que le nuage de Tchernobyl ne s'était pas arrêté à la frontière !!! Il paraît impératif de tenir compte de ces inquiétudes dans la façon de traiter le problème.

En conclusion, cet article étant très long:

Les principales évolutions de ce dossier depuis notre article précédent sont : La possibilité de dépasser la puissance souscrite comme les disjoncteurs de branchement. La possibilité de réarmer Linky sans aller sur le compteur, à partir du disjoncteur de branchement, c'est à dire dans le logement. La puissance qui engendre la facturation est bien la puissance active en kW, donc comme avant.

Linky apporte peu au consommateur, mais beaucoup à Enedis pour mieux gérer le réseau, enfin, c'est ce qui est dit. Mais techniquement, on en doute, et du fait du fonctionnement de Linky, ça n'est pas logique. D'autre part, il ne devrait rien coûter au contribuable, d'après Enedis, mais on le saura dans 3 ou 4 ans, pas avant. Et beaucoup en doutent! La collecte de données est très limitée pour le moment, mais il faudra évaluer comment Enedis délestera lors de pointes excessives de consommation.

Faut-il craindre Linky ? Compte tenu que les ondes électro magnétiques ne paraissent pas mériter toute l'ardeur dont certains font preuve (sauf démonstration contraire), et que les dépassements de puissance sont identiques à ceux des disjoncteurs de branchement, il n'y a pas de raison objective d'en avoir peur.

Faut-il le refuser ? Pas facile et risqué car Enedis prépare la sanction en prévoyant de facturer les relèves de compteur à domicile. Il paraît que ce n'est pas légal, mais ils feront surement ce qu'il faut pour que ça le devienne, ils savent faire ! Enfin, lorsqu'il sera nécessaire de changer de compteur pour quelque raison, ce sera facturé.

La commune doit-elle refuser linky sur son territoire ? Ce n'est pas à nous de le dire, c'est aux élus de décider ce qu'ils veulent faire. La marge de manœuvre est mince, toutes les communes qui ont refusé Linky ont été déboutées au tribunal administratif, sans exception, et malgré la pertinence des raisons qu'elles invoquaient. Les enjeux doivent être bien forts. Et heureusement que les tribunaux sont indépendants, comme chacun le sait ! Peut être d'autres formes d'action seraient possibles pour rejoindre toutes les communes qui n'ont pas obtenu gain de cause, mais dont les raisons de leur refus forment une base de données importante.

 

Pour finir, Linky est à l'origine de beaucoup d'informations qui ont circulé, des choses vraies, des choses fausses, et aussi quelques démonstrations d'incompétence comme ce gag par lequel nous terminerons cet article. Il s'agit de la communication d'un fournisseur d'énergie très connu à ses clients à propos de Linky. On ne citera pas son nom car il est, par ailleurs, très apprécié pour la qualité de son service aux clients... Il explique, entre autres,  sur son site internet pourquoi Linky disjoncte plus souvent. Voici le texte.

On apprend donc que ce sont les appareils dont le cosinus phi est supérieur à 1 qui font disjoncter Linky. Il faut savoir que le cosinus d'un angle, de même que son cousin le sinus, sont des fonctions trigonométriques que l'on apprend en classe de troisième. Elles ont la particularité de ne JAMAIS être supérieures à 1. C'est impossible! Vous n'aurez donc jamais d'appareil dont le cos phi est supérieur à 1, et donc Linky ne disjonctera pas. Voilà, ça c'est dit. Concernant ce qui suit, nous ne commenterons pas le courant qui se tend, puis se détend (forcément à un moment ou un autre). C'est peut être le côté érotique du courant électrique !

Quoi qu'il en soit, les <<savants>> de cette société nous ont encore montrés la capacité de certains humains à vendre du savoir dont ils ne possèdent pas un échantillon sur eux !

 

 

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Mandrin 25/11/2019 15:03

Ouah !... quel article............
jamais vu un article aussi détaillé. Long, mais détaillé :)

25/11/2019 18:19

Il y avait effectivement beaucoup de choses à dire, et il y a sûrement encore quelques détails à rajouter, mais on a le principal. Au vu du travail colossal qu'il a demandé, on va peut être en rester là!!!