Chartreuse Dynamique

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Le compteur Linky quésaco ?

Publié le 6 Juillet 2017 par Chartreuse Dynamique in Fiches projet

C’est un compteur électrique qui ressemble à ça.

Certains le qualifient <<d’intelligent>>, car il possède un micro processeur qui lui permet, comme beaucoup d’appareils électriques et électroniques modernes, d’exécuter un certain nombre de taches suivant un protocole qui lui a été défini.

Cette intelligence appelle une première remarque. En effet, l’intelligence est une vertu que l’on ne trouve que chez les êtres vivants, et particulièrement les humains ( et encore, pas tous…). Donc exit l’intelligence de Linky !

Par contre, il a le pouvoir, en plus de compter l’énergie électrique qui le traverse, de communiquer à la fois avec le logement qu’il dessert et avec le réseau général de distribution d’électricité, et donc, avec les sociétés qui gèrent ce réseau et facturent le service correspondant.

 

La France a décidé de remplacer 35 millions de compteurs électriques sur son territoire par ce Linky d’ici 2020. Cette décision fait suite à une directive européenne visant à rationaliser la distribution d’électricité en Europe. Une première polémique concerne l’obligation que fait la France de remplacer les anciens compteurs sur décision européenne. En fait, la directive européenne n° 2006/32/CE du 5 avril 2006, article 13, indique que ces compteurs individuels ne doivent être déployés que si cela est :

 

1: Techniquement possible

2: financièrement raisonnable

3: proportionné compte tenu des économies d'énergie potentielles

 

D’autre part, le droit européen a constamment insisté pour que l’intérêt pour le consommateur soit l’un des objectifs ou l’une des conditions de ce déploiement.

On a particulièrement cet article 50 de la directive de 2009/72/CE qui dit ceci:
L’un des objectifs assignés par les directives européennes est «d’aider les consommateurs à réduire leurs coûts énergétiques ».

Or, il faut savoir que la durée de vie de ces compteurs est estimée à 15 ans, et 10 ans pour les concentrateurs (installations nécessaires pour gérer ces compteurs). Le coût total de ce déploiement est estimé à 7 milliards d’euros et devra donc être supporté à nouveau dans moins de 15 ans par 35 millions d’abonnés. On voit donc que la deuxième clause de la directive de 2006 ( financièrement raisonnable ) est caduque. Des études ont été réalisées dans chaque pays par des organismes indépendants pour vérifier la faisabilité financière. Un organisme Allemand pour l’Allemagne et la société Capgemini Consulting pour la Belgique et la France. La faisabilité n’a pas été retenue pour l’Allemagne et la Belgique, mais l’a été pour la France. Il semblerait que Capgemini Consulting ait <<omis>> d’intégrer la courte durée de vie de Linky dans la <<faisabilité financièrement raisonnable>>, mais en France uniquement...

L’Allemagne a décidé de ne pas déployer ces compteurs communicants chez les particuliers qui ne sont pas de gros consommateurs d’électricité.

Source: http://www.lemoniteur.fr/article/l-allemagne-renonce-a-la-generalisation-du-compteur-intelligent-27503537

 

La Belgique y a renoncé également, la France l’a imposé... et Enedis (ex ERDF) pratique un véritable harcèlement des abonnés récalcitrants comme le décrivent les témoignages.

A la lecture de ce qui précède, et pour en finir avec cette première polémique, si les Allemands ont privilégié les intérêts de leurs citoyens, il n’en est pas de même des Français !

On peut retarder la pose de ces compteurs en le refusant lorsque les agents d'Enedis viennent l'installer, bien que ce ne soit pas facile, mais actuellement, il paraît difficile de la refuser à long terme. On trouve sur internet des infos juridiques sur le refus de Linky.

 

Quels sont les avantages de ces compteurs ?

 

Le gestionnaire du réseau (ERDF rebaptisé Enedis) dresse la liste des avantages de Linky :

Le compteur et sa pose sont gratuits pour le consommateur.

Les relevés de consommation ainsi que les changements de puissance souscrite ou de type de contrat se font sans déplacement d’un technicien, donc avec un coût réduit.

On peut suivre sa consommation sur internet en temps réel.

On peut profiter de nouvelles offres de son fournisseur d’électricité.

On peut avoir le courant plus rapidement dans un logement neuf.

 

Essayons d’analyser ces différents critères avec des arguments objectifs.

 

Compteur et pose gratuits : Effectivement, le compteur Linky et sa pose ne sont pas facturés aux usagers. Cependant, comme il a été vu plus haut, le coût total de l’opération s’élève à 7 milliards d’euros. Il faudra bien que quelqu’un les payent. Enedis n’étant pas, à notre connaissance, une société de bienfaisance, on peut se douter de qui paiera. Cette ardoise devant se renouveler tous les 10 à 15 ans avec l’obsolescence du matériel, on devine la suite…

7 milliards à se partager en 35 millions d’abonnés, ça fait 200 euros par abonné !

 

Les relevés de consommation à distance : Ça se fait déjà depuis longtemps, avec les compteurs bleus à disque lorsque ceux ci sont à l’intérieur des habitations, les clients relèvent eux mêmes et envoient les chiffres à EDF. Certains fournisseurs comme Direct Energie proposent une électricité avec 10 % de réduction lorsque le contrat est géré par internet et le relevé effectué par le client. On n’a donc rien inventé, tout existe déjà.

 

Le changement de puissance souscrite : C’est effectivement un des avantages concrets de Linky. Plus besoin du déplacement d’un technicien pour modifier le réglage du disjoncteur et le replomber. Ceci est possible parce que Linky n’est pas seulement un compteur qui compte (…), mais il renferme aussi un interrupteur commandé électroniquement dont le rôle est de couper le courant dans toute l’installation qu’il alimente dans certains cas bien définis, comme le dépassement de la puissance souscrite. Nous reviendrons en détails sur cette arme à double tranchant un peu plus loin. Le réglage de la puissance souscrite se fera donc à distance. Mais il faut savoir que Linky ne remplace pas le disjoncteur qui reste obligatoire. La raison est que, contrairement à un disjoncteur dont c’est le rôle, Linky ne peut couper un courant de court circuit. Son pouvoir de coupure ne dépasse pas une centaine d’ampères alors qu’un disjoncteur doit pouvoir couper les milliers d’ampères d’un court circuit. L’usager qui fera augmenter sa puissance disponible avec Linky devra quand même changer ou faire changer le réglage du disjoncteur sinon c’est celui-ci qui coupera avant Linky. Il faudra donc une intervention experte sur le disjoncteur, ce qui minimise l’économie sur le coût total de l’opération.

 

Le changement du type de contrat à distance : C’est comme pour celui de la puissance souscrite, Linky rend cette opération plus simple et rapide. Mais on ne change pas souvent son contrat, et tout changement , bien que moins cher, ne sera quand même pas gratuit.

 

Suivi de la consommation sur internet en temps réel : Linky permet de suivre la puissance consommée à tout moment, soit sur son propre écran, soit sur internet, vu qu’il peut envoyer toutes sortes d’informations lorsqu’on les lui demande. On peut visualiser ces infos sous forme de graphiques (les fameux fromages que l’on met à toutes les sauces !). La surveillance de sa consommation a toujours été possible pour le consommateur, même avec les vieux compteurs à disque. Il suffit de noter les chiffres sur le compteur entre deux instants donnés. Par contre, connaître la puissance exacte consommée à un certain moment n’était pas possible autrement qu’avec un appareil coûteux (un wattmètre). Linky le permet très simplement, c’est la magie de l’électronique. Mais l’intérêt est assez limité, à part pour ceux qui cherchent désespérément à occuper leur temps…

 

Les nouvelles offres des fournisseurs d’électricité : Linky communique tant avec le gestionnaire de réseau qu’avec l’installation électrique intérieure. Les changements de tarifs en fonction des plages horaires (heures creuses) se feront par Linky. Ca va permettre également à certains fournisseurs de créer des contrats sur mesure comme la facturation en heures creuses tout le weekend par exemple. Ce point mérite également d’être pondéré. En effet, les changements de tarifs (passage d’heures pleines à heures creuses et inversement) à distance existent depuis plus de 30 ans et fonctionnent bien. Pour cela, le gestionnaire envoie sur le réseau une impulsion d’une certaine fréquence qui est propre à chaque type d’ordre. Les anciens compteurs électroniques les détectent ainsi que les relais spéciaux qu’on utilise lorsqu’on a un compteur à disque. Ils effectuent le changement de tarif et en même temps commutent certains appareils (chauffe eau par ex). Ces impulsions ne durent qu’une seconde environ et on peut les détecter facilement avec une lampe de bureau équipée d’une ampoule fluocompacte ou à led. L’intensité lumineuse se met à clignoter pendant une seconde environ à certaines heures. Tout ça existe déjà, mais Linky permettra d’accroître le nombre de ces tarifs différents sur un même contrat. C’est cela qui va permettre aux fournisseurs de créer de nouvelles offres en fonction de tout un tas de critères comme l’ont fait jadis et le font encore les fournisseurs de télécoms. Ça peut être un avantage, mais au vu de la pagaille qui règne sur le marché des télécoms et le nombre de litiges dans lesquels le consommateur est souvent perdant, on peut s’interroger sur l’extension de ces pratiques à l’électricité. De plus, si on regarde de plus près le vieux contrat avec double tarif (les fameuses heures de nuit), on s’aperçoit que l’abonnement coûte plus cher que celui d’un simple tarif, que le prix du kilowattheure en heure pleine est plus élevé que celui en simple tarif, et que la réduction en heures creuses n’est plus que d’une trentaine de pour cents au lieu de 50 % il y a longtemps. Faites vos calculs, les économies d’un tel contrat sont très faibles dans la majorité des cas.

Enfin, l’argument suivant lequel le gestionnaire pourrait niveler les pointes de consommation en hiver en délestant une partie des gros consommateurs, existe déjà depuis plus de 30 ans, elle s’appelle EJP (effacement jours de pointe). Ces contrats, très contraignants à l’utilisation pour le consommateur en hiver, mais bénéficiant en échange de conditions tarifaires intéressantes, ont été supprimés pour les particuliers par EDF après en avoir discrètement augmenté les tarifs. Il faut croire que les conséquences très néfastes des pointes de consommation hivernales n’intéressent plus le fournisseur et gestionnaire historique !

 

Avoir le courant plus rapidement dans un logement neuf : C’est un avantage indiscutable de Linky si celui-ci est déjà installé dans le logement, bien sûr. Le coût du branchement sera plus faible également, mais pas gratuit, seulement 50 à 60 % moins cher.

Quels sont les inconvénients supposés ou avérés de ces compteurs ?

 

Rien n’étant parfait dans ce monde, il fallait bien s’attendre à ce que de menus grains de sable viennent perturber les nombreux atouts annoncés par Enedis et dénoncés par plusieurs associations et mouvements de consommateurs. La liste peut se résumer ainsi :

Les ondes électro magnétiques générées par Linky.

La fiabilité du matériel.

La définition de la puissance souscrite.

Le type d’énergie facturée.

Le fonctionnement de l’interrupteur Linky.

L’absence de commande déportée

L’espionnage du consommateur à des fins lucratives.

Les ondes électromagnétiques : Linky communique de la même façon que les ordinateurs, par un signal numérique et transmet ce signal par les lignes électriques intérieure (pour communiquer avec l’usager) et extérieure (pour communiquer avec le gestionnaire et le fournisseur). Ce signal numérique se superpose au courant alternatif que constitue le secteur. C’est le même principe que les prises CPL utilisées dans les logements pour transmettre des données (internet par exemple) d’une pièce à l’autre sans avoir recours à un câble spécial. Les ondes électromagnétiques sont néfastes pour la santé suivant leur fréquence (les Hertz) et leur intensité. Plusieurs associations dénoncent le fait que Linky injecte des ondes dans le réseau électrique. Les ondes Linky s’ajoutent aux innombrables autres ondes qui polluent les logements. Les prises CPL pour ceux qui en ont, le Wifi que toutes les Box (internet ADSL) émettent, les ordinateurs dont les processeurs envoient des giga Hertz, les fours à micro ondes, et bien sûr, les ondes GSM générées par les antennes relais de téléphonie mobile et les téléphones qui communiquent sans arrêt avec ces antennes. Le secteur, lui-même, est connu depuis des décennies pour être un ramassis de polluants. Chaque fois qu’un appareil électrique se met en marche et surtout lorsqu’il s’arrête, il envoie sur le réseau une impulsion perturbatrice. Dans chaque région, ce sont des millions de perturbations qui sont générées par seconde par tous les moteurs, transformateurs et autres appareils. Certaines d’entre elles sont difficiles à éliminer du fait de leur fréquence. Il y en a plus pendant la journée lorsque l’industrie est au travail. Les gens qui font de la HI-FI le savent depuis fort longtemps. Déjà 40 ans en arrière, les chaînes hifi fonctionnaient mieux en fin de soirée parce que le secteur était moins pollué. Le remplacement des transformateurs par des alimentations à découpage dans tous les appareils électroniques modernes (depuis le simple chargeur de téléphone) a augmenté et généralisé la pollution du secteur à toutes les tranches d’heures.

Parmi les rares spécifications techniques disponibles pour Linky, on trouve la fréquence des ondes émises ; 75 kHz (Il faut lire 75 kilo hertz, ou 75 000 Hertz). Cette fréquence est de l’ordre de celles utilisées sous forme d’ultra sons pour éloigner les rongeurs, araignées et cafards. On peut se demander objectivement si un tel signal mélangé à tout le reste mérite toute l’ardeur que certains mettent à dénoncer Linky sur ce point. Même s’il émet effectivement des ondes électromagnétiques, ça ressemble à une goutte d’eau dans un verre. Mais faut-il rajouter sans cesse de la pollution électromagnétique ? Et chaque fois, quel en est l'intérêt ?

 

La fiabilité du matériel : Linky a mauvaise réputation en matière de fiabilité, et ce, depuis les premiers tests. Il y a même eu quelques cas d’incendie dans l’environnement de Linky. On pourrait imputer ces derniers à des cosses de raccordement mal serrées, mais les anciens compteurs avaient aussi des cosses parcourues par de forts courants et on n’a jamais entendu parler de problèmes identiques. On ne peut pas nier que certains composants électroniques internes sont aussi parcourus par de forts courants, et qu’une dérive de leurs caractéristiques, voire leur destruction ne soit pas à exclure. Enfin, on peut se demander quelle est la tenue de Linky aux surtensions et particulièrement celles dues aux orages, comme tous les appareils électroniques.

 

La définition de la puissance souscrite : Là, on entre dans le vif du sujet, et ça va être un peu technique. On va essayer de présenter ça très simplement. Jusqu’à présent, la puissance souscrite était exprimée en kilowatts par tranches de 3, à savoir 3- 6- 9- 12, etc. Ce qui empêchait de dépasser la puissance souscrite, c’était le disjoncteur. Celui-ci réagit à un courant. On considérait qu’un courant de 15 ampères correspond à une puissance de 3 kW (kilo watt). Le disjoncteur était donc réglé sur 15 A pour 3 kW, puis 30 A pour 6 kW et ainsi de suite puisque c’est proportionnel. Avec Linky, on ne parle plus de courant, mais de puissance. Linky coupe lorsque la puissance souscrite est atteinte. Mais quelle est donc la différence ?

Les vieux souvenirs d’école nous rappellent que monsieur Watt (James Watt (1736-1819)) est un pur produit de messieurs Volt (Alessandro Volta (1745-1827)) et Ampère ( André-Marie Ampère (1775-1836)). Dans le cas d'une puissance souscrite de 6 kW, le vieux disjoncteur coupe lorsque le courant dépasse 30 ampères, soit une puissance consommée de 230 (V) x 30 (A) = 6900 Watts. Linky, lui, coupe lorsque la puissance atteint 6 kW, c’est à dire lorsque le courant est 6000 (W) / 230 (V) = 26 Ampères. On perd donc 4 ampères sur 30, soit 13 %, et ceci, sans aucune réduction du prix de l’abonnement, bien sûr… Magique ! Avec les anciens compteurs, c’est le courant qui faisait couper en cas de surcharge. Avec Linky, c’est la puissance consommée. Mais malheureusement, ce que le consommateur perd ne s’arrête pas là, comme on le verra plus loin.

 

Le type d’énergie facturée : Là, on va devoir entrer plus loin dans la technique, ce qui va nous amener à simplifier pour que ça reste compréhensible par la plupart des non-électriciens, au risque de faire hurler ceux que les études ont trop poursuivis.

Il existe deux puissances, la puissance active et la puissance apparente. La première est exprimée en watts et la seconde en Volt-ampère, mais dans les deux cas, c'est un produit de la tension par le courant. Ces deux puissances sont identiques lorsque l’appareil connecté est <<parfait>>, c’est à dire, lorsque l’énergie électrique y est transformée uniquement en chaleur (chauffe-eau, ampoule à incandescence, four électrique, etc.). Dès que l’énergie électrique est transformée en autre chose, en travail mécanique par exemple, ces deux puissances diffèrent. La puissance active est, en gros, la puissance mécanique recueillie, et la puissance apparente est toujours le produit tension en volts par courant en ampères. Le rapport entre les deux puissances est appelée cosinus phi (de la lettre de l’alphabet Grec). Pour faire hurler les instruits, on pourrait dire qu’une partie seulement du courant qui alimente les appareils produit de la puissance utile. Cette puissance utile est celle qu’il faut mettre, dans les centrales, pour fabriquer <<la puissance électrique>>, sous forme d’uranium de pétrole ou de soleil. C’est donc celle-ci qui coûte de l’argent au producteur d’électricité (c’est la matière première), c’est aussi celle-ci qui a toujours été facturée au client final par EDF. Mais si une partie seulement du courant est utile (donc facturée), l’intégralité du courant parcourt les lignes électriques et engendre des pertes qui sont à la charge d’EDF. Toujours pour ceux qui ont usé leur fond de culotte sur les bancs de l’école, les pertes dans les lignes sont proportionnelles au carré du courant. Donc, avoir dans les lignes un courant plus fort que ce qui est utile pénalise EDF. Les installations électriques industrielles sont équipées d’appareils pour détecter cette différence entre les deux puissances consommées, et lorsqu’elle est trop grande, le consommateur est pénalisé. Cette distinction n'existe pas pour les particuliers.

Donc, pour résumer, Linky mesure à la fois les deux puissances, active et apparente, et on ne sait pas laquelle sera comptabilisée pour la facturation. L’information est indisponible sur les documents fournis par Enedis. Jusqu’à présent, c’était la plus petite, l’active, qui était facturée.

Les forums sur internet regorgent de débats sur ce point entre les défenseurs de Linky et ses détracteurs. Donc, pas de réponse sûre, mais on peut avoir des doutes, comme à chaque fois que la vraie info est soigneusement dissimulée !

 

Le fonctionnement de l’interrupteur Linky :

Comme nous l’avons dit, Linky renferme un interrupteur capable de couper le courant sur ordre électronique. Son principal rôle est d’empêcher les dépassements de consommation en fonction de la puissance souscrite. Jusqu’à présent, cette fonction était assurée par le disjoncteur. Mais un disjoncteur est assez tolérant pour les dépassements. En effet, la fonction protection contre les surcharges d’un disjoncteur fonctionne grâce à un certain Monsieur Joule (James Prescott Joule (1818-1889)) qui découvrit qu’un conducteur parcouru par un courant électrique s’échauffe. Dans un disjoncteur, le courant traverse un conducteur constitué de deux métaux différents (bilame) qui se dilatent différemment. De ce fait, ce conducteur se déforme lorsqu'il chauffe à cause du courant qui le traverse. Il est dimensionné de telle façon que sa déformation au-delà d’un certain courant est suffisante pour commander la coupure du courant. On appelle cela un disjoncteur thermique. Or, cette déformation n’est pas instantanée, ce qui permet de faire passer un courant bien plus fort pendant un temps court. L’inertie thermique du bilame absorbe l’échauffement lorsqu'il est de courte durée. Avec Linky, la détection du courant est électronique, donc beaucoup plus précise. Linky est donc beaucoup moins tolérant aux dépassements de puissance. EDF ne l’a d’ailleurs jamais caché, sans en donner les détails.

Ce point risque bien de devenir un enfer pour les utilisateurs de moteurs électriques. En effet, un moteur a un courant de démarrage beaucoup plus important que son courant nominal, ça peut atteindre 4 à 5 fois. Il en est de même des transformateurs et des alimentations à découpage. L’expérience est simple, il suffit de brancher un chargeur de téléphone moderne sur le secteur pour voir qu’il se produit une étincelle malgré la très faible puissance consommée. Un frigo a un courant de démarrage énorme comparé à sa puissance. On ne sait pas comment réagit Linky aux courants transitoires, contrairement aux disjoncteurs dont la courbe de déclenchement est fournie par le constructeur. Pour Linky, on ne sait rien.

Prenons l’exemple d’un consommateur qui utilise une scie entraînée par un moteur de 3 chevaux qui consomme à pleine puissance 3000 watts. Son courant nominal est environ 13 ampères. Mais le constructeur du moteur indique un courant de démarrage de 61 ampères, correspondant à une puissance de plus de 12 kilowatts. Ce malheureux consommateur risque de ne plus pouvoir utiliser sa machine sans passer à une puissance souscrite d’au moins 15 kW au lieu de 6 ou 9 actuels si Linky a un temps de réponse très court. Hélas, l’information sur le temps de réponse de Linky est indisponible. On sait seulement que de nombreux consommateurs ont dû augmenter leur abonnement après l’installation de Linky, faisant exploser leur facture.

 

L’absence de commande déportée

Il est nécessaire d’avoir accès au compteur pour l’interroger et surtout, pour le ré-enclencher s’il a coupé le courant. On ne peut pas le faire à distance. Or, tous les compteurs ne sont pas situés à l’intérieur des logements. Un grand nombre d’entre eux sont placés à l’extérieur, à plusieurs dizaines de mètres, particulièrement en milieu rural. Imaginez devoir ré-enclencher le compteur la nuit tombée à 40 mètres de la maison en hiver lorsque l’accès à celui-ci est bloqué par un mètre de neige. Les technocrates Parisiens ont tout prévu, pour eux seulement…


 

L’espionnage du consommateur à des fins lucratives:

On l’a vu, Linky transmet des informations sur la consommation électrique. Le gestionnaire de réseau peut donc savoir quelles sont les habitudes de consommation globale d’un client. Pour l’instant, ça s’arrête là. Mais on commence à voir des appareils électroménagers capables de communiquer avec Linky, et donc de lui fournir des renseignements comme le type d’appareil, sa puissance, les moments où il est en fonctionnement, etc, renseignements qui sont transmis au gestionnaire de réseau. Presque tous les appareils électriques et électroniques modernes sont équipés d’un microprocesseur pour gérer leur fonctionnement, même les simples cafetières expresso. Il suffit d’étendre le logiciel qui gère leur fonctionnement pour qu’elles envoient des infos à Linky. Et comme la bêtise n’a pas encore de limites, on peut penser que les capsules de café seront bientôt équipées d’une puce qui informe du type de café et de la marque. Linky pourra alors renseigner en plus de ces infos, sur le nombre et l’heure de consommation de café. Ces infos seront utilisées, comme celles collectées par l’intermédiaire des téléphones portables, des navigations internet, des achats à distance, pour être vendues à des fins publicitaires. Tout cela nous pourrit nos journées par des appels téléphoniques publicitaires, des sms, des mails, etc. Le problème existe déjà, mais est-ce nécessaire d’en rajouter encore, en attendant qu’un gouvernement intelligent (???) mette un terme à ces pratiques.

 

Une expérience concrète menée sur Linky
 

A la lecture de ce qui précède, il est difficile de se faire une opinion très objective sur cette merveille technologique qu’est Linky, à part quelques éléments dont on est sûr, le coût, la limitation de la puissance, la commande déportée et la pêche aux infos sur les habitudes de consommation. Nous avons profité de ce que Grenoble et sa banlieue aient été récemment équipées pour faire une expérience.

Tout d’abord, sur le type de puissance utilisé pour détecter une surcharge et pour la facturation. Les compteurs installés indiquent la puissance consommée instantanée en VA, c’est à dire la puissance apparente, la plus grande des deux puissances (kVA et kilowatts). La puissance souscrite est indiquée par Linky en VA. Il est donc confirmé que la puissance disponible avec Linky est inférieure à ce qu’elle était avec les compteurs classiques (6 000 VA avec Linky, 6 900 VA avec les anciens compteurs, par exemple). Si on y ajoute qu’il ne devrait plus y avoir de tolérance aux dépassements de puissance consommée, l’installation de Linky risque d’être amère pour beaucoup de consommateurs. Par contre, l’index de consommation, c’est à dire ce qui est facturé au client est indiqué en kWh, donc c’est de la puissance active exactement comme sur les anciens compteurs. Il n’y a donc, à priori, rien de changé sur ce point.

Deuxième test concernant les dépassements de puissance très courts, lors du démarrage d’un moteur par exemple. Sur un compteur réglé sur 9 000 VA, on fait démarrer une meuleuse de 230 mm de diamètre équipée d’un moteur de 2300 watts. Ces machines ont un courant de démarrage très fort, supérieur à 40 ampères (puisqu’elles font couper un disjoncteur 15 A courbe L, pour les connaisseurs). Sans autre appareil gros consommateur en fonctionnement, la meuleuse démarre sans problème. Puis, l’expérience est renouvelée avec, en plus, une plaque de cuisson à induction à pleine puissance. Linky indique une puissance consommée de 4 000 VA due à la plaque de cuisson au moment où la meuleuse est mise en route. Celle-ci démarre à nouveau sans problème malgré un évident dépassement des 9 000 VA souscrits. Il semble donc que Linky tolère des dépassements de courte durée pour permettre le démarrage de moteurs, transformateurs et autres alimentations à découpage, ce qui est rassurant même si on ne connaît pas les limites de cette tolérance.

 

 

Conclusion

Le but de cet article n’est pas de donner un avis, pour ou contre Linky, les forums sur internet en regorgent, mais de donner des éléments concrets pour permettre au lecteur de se forger sa propre opinion. On peut quand même retenir le coût de ces compteurs qu’il faudra renouveler tous les 10 à 15 ans, le passage en force de l’État Français pour imposer ces compteurs à l’opposé de l’Allemagne et de la Belgique, la désinformation sur les caractéristiques techniques de ces compteurs, et la forte baisse de la puissance disponible (très probablement très supérieure à 15%) sans diminution équivalente du prix de l’abonnement. Tout ceci pour des avantages bien maigres pour le consommateur.

On comprend mieux pourquoi un tel déchaînement de critiques de la part de ceux qui en sont équipés avec toutes les exagérations qui vont avec, et le mutisme des médias sur un sujet qui engendre de la colère, voire de la haine, dans un pays qui s’en passerait bien.

 


 

On peut consulter:

http://www.next-up.org/pdf/Linky_L_arnaque_cachee_d_ERDF_11_10_2011.pdf

http://forums.futura-sciences.com/electronique/657917-compteur-edf-puissance-apparente-puissance-active.html

http://www.enedis.fr/compteur-communicant

https://blogs.mediapart.fr/cens/blog/260416/linstallation-du-linky-initiee-en-2011-pose-questions-aux-juristes-en-2016

http://www.lemoniteur.fr/article/l-allemagne-renonce-a-la-generalisation-du-compteur-intelligent-27503537

https://stoplinkynonmerci.org/IMG/pdf/129-scl-linky-_infodroitvf1.pdf

https://www.quechoisir.org/action-ufc-que-choisir-compteur-linky-l-ufc-que-choisir-entend-court-circuiter-le-faux-compteur-intelligent-n12827/

Et beaucoup d'autres encore...

 

 

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