Chartreuse Dynamique

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Livraison de colis formes par... la SAUR

Publié le 12 Novembre 2015 par Chartreuse Dynamique in Fiches projet

La qualité de l'eau est un sujet qui revient régulièrement dans les actualités Chartroussines. Si la pollution chimique par les nitrates, les pesticides et autres insecticides est quasi inexistante, elle est largement remplacée par une pollution bactériologique. On peut consulter les résultats d'analyses dans sa commune, pour chaque réseau indépendant, sur le site officiel du ministère de la santé à l'adresse suivante:

http://www.sante.gouv.fr/qualite-de-l-eau-potable

La consultation des dernières analyses, en date du 23 octobre 2015 fournit les renseignements suivants pour le réseau principal du village:

23 octobre 2015, réseau principal

23 octobre 2015, réseau principal

On constate la présence de 7 bactéries coliformes pour 100 millilitres d'eau, la norme n'en tolérant aucune. On constate aussi un taux extrêmement bas de chlore. Il semble qu'il y ait eu un problème dans l'alimentation ou le dosage du chlore, qui est utilisé pour désinfecter l'eau. L'analyse précédente, en date du 6 octobre 2015 donnait pour le même réseau, une eau conforme sur le plan bactériologique, mais pas en terme de qualité. Le taux de chlore était de 0,28 milligrammes par litre, proche de la limite en France qui est 0,3 . On trouve aussi quelques polluants, du dichloropropane-1,2 du dibromométhane et du dibromo-1,2-chloro-3propane, de quoi faire une bonne soupe!

 

20 avril 2015, reseau Cucheron- la Coche
20 avril 2015, reseau Cucheron- la Coche
20 avril 2015, reseau Cucheron- la Coche

20 avril 2015, reseau Cucheron- la Coche

Les accidents comme celui du 23 octobre sont assez rares fort heureusement, le dernier sur ce même réseau principal remonte au 16 juillet 2013 où on dénombrait pas moins de 37 bactéries coliformes. Les choses se sont grandement améliorées par rapport à ce qu'elles étaient dans les années 90. Les critères de qualité sont un peu plus souvent médiocres, comme sur le réseau du Cucheron et de la Coche le 20 avril 2015 où on trouve différents polluants dont du chlorure de vinyle (composant de base du fameux PVC).

Ces quelques exemples montrent que la qualité de l'eau n'est pas toujours au top, même si elle n'est pas vraiment impropre à la consommation. On peut regretter que les accidents bactériologiques, certes assez rares, soient passés sous silence, alors qu'il devrait y avoir une alerte faite à la population afin que l'on évite de boire ou de laver les crudités tant que le problème n'est pas réglé. Ces alertes seraient particulièrement utiles pour les sujets à risques parmi lesquels les jeunes enfants, les personnes agées et ceux dont le système immunitaire est affaibli. Les analyses sont effectuées deux à trois fois par an, ou plus en cas de problème avéré, et on peut imaginer qu'il y ait des pollutions bactériologiques, entre deux analyses, qui passent totalement inaperçues, sauf pour ceux qui tombent malades bien sur.

Les bactéries coliformes

Les coliformes fécaux et les E. coli  sont des bactéries que l'on trouve majoritairement dans les matières fécales des humains et des animaux. Leur présence dans l'eau indique une contamination récente par des matières fécales et la présence possible de bactéries et virus potentiellement pathogènes.

Les effets sur la santé des bactéries et virus pathogènes dans l'eau potable sont variables. Dans la majorité des cas, ils se limitent à des troubles gastro-intestinaux (nausées, vomissements et surtout diarrhée), de courte durée, 1 à 2 jours. Cependant, chez les personnes sensibles, telles que les bébés, les personnes âgées et celles présentant un déficit immunitaire, les effets peuvent être plus graves, chroniques ( lésions rénales) ou même mortels.

Pourquoi trouve-t-on des bactéries dans l'eau?

Sans avoir la prétention de faire un cours de géologie, décrivons le plus simplement possible le problème:

L'eau que nous buvons provient de sources. Les montagnes qui alimentent ces sources sont de véritables gruyères formés de cavités qui servent de réservoirs, et de failles et fissures qui relient entre eux ces réservoirs. Tout ce réseau creux remonte jusqu'à la partie supérieure des montagnes, ce qui fait que les eaux de pluie ou de fonte atteignent le coeur de la montagne sans aucune filtration. La plupart de nos montagnes accueillent des troupeaux en alpages en plus des animaux sauvages. Les déjections de tous ces animaux chargent les eaux de pluie en bactéries fécales qui descendent dans les réservoirs directement par les fissures, c'est à dire sans filtration.

C'est pour cela que les sources contiennent des bactéries fécales en quantité variable suivant la saison et les conditions de pluviométrie.

L'élimination des bactéries

Pour que l'eau soit potable, il faut éliminer les bactéries ou les tuer. Plusieurs procédés sont utilisés par les collectivités.

Les procédés "de luxe" sont le traitement à l'ozone, et les ultra violets, ils ne donnent aucun gout à l'eau et ne lui apportent pas de produits toxiques. La teneur en minéraux et oligo éléments n'est pas modifiée.

Le système le plus répandu est le traitement au chlore, c'est le moins cher à mettre en oeuvre, et donc celui qui traite le plus gros volume d'eau consommée dans notre commune (la liste des réseaux avec leur système de traitement est donnée à la fin de cet article). Il est très largement utilisé en France. Le chlore donne ce gout et cette odeur bien connus, mais ce n'est pas tout, c'est un gaz dangereux. A titre de documentation, il fut utilisé par les Allemands pendant la première guerre mondiale comme gaz de combat. Il est d'ailleurs interdit en Allemagne et il est impossible de trouver de l'eau de javel dans ce pays. Les Allemands se souviendraient-ils des effets terribles de ce gaz? Dommage que leurs adversaires et victimes de l'époque les aient oubliés...

Le chlore inflige des dégâts aux yeux, au nez, à la gorge et aux poumons, et il peut causer la mort par asphyxie à hautes concentrations.

Bien entendu, les concentrations dans l'eau potable ne sont pas à même de produire des effets aussi forts. Dans la majorité des cas, chez les personnes en bonne santé et n'ayant pas de prédispositions particulières, il est sans danger, ou presque... quoi que!

Le chlore dans l'alimentation

Quoi que ne présentant pas de gros danger à priori, l'utilisation du chlore dans l'eau de consommation a intéressé bon nombre de chercheurs dans le monde. Les Canadiens sont particulièrement mobilisés sur ce sujet. On trouve sur internet de nombreuses informations venant du Canada. En voici quelques unes:

 

Depuis plus d'un siècle, la chloration de l'eau a permis d'améliorer sensiblement l'innocuité des réserves canadiennes d'eau potable. La désinfection de l'eau permet d'en éliminer les micro organismes à l'origine de maladies graves ou mortelles, comme le choléra et la fièvre typhoïde. À ce jour, le chlore demeure le désinfectant le plus utilisé pour l'eau potable et celui pour lequel le corpus d'information scientifique est le plus abondant.

 

L'ajout de chlore s'effectue pendant le traitement de l'eau potable. Toutefois, le chlore réagit également avec les matières organiques d'origine naturelle présentes dans l'eau, telles les feuilles en décomposition. Cette réaction chimique produit une famille de composés appelés sous-produits de la chloration. Ceux qu'on rencontre le plus souvent sont les trihalométhanes (THM), notamment le chloroforme. La concentration de THM dans l'eau potable peut dépendre de plusieurs facteurs, dont la saison et la source de l'eau potable. Par exemple, les concentrations de THM dans l'eau sont généralement moins élevées en hiver qu'en été, parce que les teneurs en matières organiques d'origine naturelle sont plus faibles et qu'il faut moins de chlore pour désinfecter à basse température. L'eau de puits ou l'eau provenant d'un grand important contient de faibles concentrations de THM, tandis que l'eau des rivières et les eaux de surface présentent des concentrations plus élevées, car elles contiennent généralement plus de matières organiques.

 

Les risques posés par les sous-produits de la chloration

 

Les animaux de laboratoire exposés à des concentrations très élevées de THM présentent un risque accru de cancer. Plusieurs études chez l'humain ont également révélé un lien entre l'exposition prolongée à des concentrations élevées de sous-produits de la chloration et une incidence accrue de cancer. Par exemple, une étude récente a mis en lumière une augmentation du risque de cancer de la vessie et peut-être du côlon chez les sujets ayant consommé de l'eau chlorée pendant trente-cinq ans ou plus.

 

Les concentrations élevées de THM peuvent également avoir un effet sur la grossesse. Dans une étude réalisée en Californie, on a observé un risque accru d'avortement spontané chez les femmes enceintes qui buvaient de grandes quantités d'eau de robinet à forte teneur en THM. Ces études ne prouvent pas l'existence d'un lien entre les THM et le cancer ou les avortements spontanés. Elles soulignent cependant l'importance de poursuivre les recherches afin de confirmer les effets possibles sur la santé.

 

source: http://www.hc-sc.gc.ca/hl-vs/iyh-vsv/environ/chlor-fra.php

 

Que disent les médecins et scientifiques américains?

 

La littérature étrangère nous apporte une quantité impressionnante d’articles scientifiques qui parlent de la relation entre le chlore dans l’eau et différentes maladies, dont les cancers de la vessie, du colon, du rectum, et même du sein. Le docteur Herbert Schwartz (biologiste et chimiste au Cumberland County College) : «Le chlore est si dangereux, qu’il devrait être interdit». Ajouter du chlore dans l’eau c’est comme mettre en place une bombe à retardement. Cancer, troubles cardiaques, vieillissement mental et physique précoce sont des effets attribuables au chlore se trouvant dans l’eau de robinet. Il nous fait vieillir avant l’heure en accélérant les symptômes du vieillissement tels que le durcissement des artères. Je crois que si le chlore était proposé, aujourd’hui, pour la première fois, il serait interdit par la F.D.A. équivalent américain de l’AFSSA. Voici ce que dit encore le Docteur Richard Passwater (biochimiste de renom) dans Super Nutrition for Healthy Hearts: «l’origine des maladies cardiaques est apparentée à l’origine du cancer« . La chloration pourrait très bien être un facteur clé reliant ces deux grandes maladies. Le chlore crée les THM et les haloformes. Ces polluants chimiques puissants peuvent déclencher la production d’excès de radicaux libres dans notre corps. Les radicaux libres causent des dommages aux cellules. L’excès de radicaux libres peut engendrer sur les cellules musculaires lisses de la paroi artérielle des désordres et créer des mutations.

 

Enfin, sur le site

http://www.lenntech.fr/procedes/desinfection/sous-produits/desinfection/desinfectants-sous-produits-sante.htm

 

on trouve des infos sur les études appliquées à l'homme

 

Des recherches sur les effets sur la santé des sous-produits de la désinfection sur les humains ont-elles lieu?

 

Derrières les expériences avec les animaux de laboratoire (rats et souris) il y aussi des études épidémiologiques sur les effets de l'exposition des humains aux sous-produits de désinfection dans l'eau destinée à la consommation. En premier lieu, la relation entre la mort de cancer et l'utilisation d'eau chloré ou non a été étudiée.

Plus tard, les études ont montré que l'eau chlorée destinée à la consommation augmente le risque de cancer du rectum et de la vessie. Le risque de cancer de l'intestin ne fut pas significatif, mais augmenta pour de plus hautes concentrations en sous-produit de désinfection.(Morris , 1992)

 

En premier lieu la relation entre l'eau chlorée destinée à la consommation et le cancer

 

Les effets sur la santé des sous-produits de la désinfection halogénés peuvent être divisés en deux groupes. Ils peuvent être cancérigènes ou avoir des effets sur la reproduction et le développement.

 

Les sous-produits de la désinfection sont-ils cancérigènes?

 

Dans les nouvelles méthodes de 1960, la chromatographie en phase gazeuse et la spectrométrie de masse, furent développées pour identifier des substances chimiques à de très basses concentrations. C'est à ce moment là que l'on prit conscience du nombre et de la diversité des substances chimiques dans l'air et dans l'eau. En 1974 l'EPA élabora une liste de 187 substances organiques qui furent trouvées dans l'eau potable. Quelques-unes de ces substances sont cancérigènes ou mutagènes. Seulement une petite quantité des substances, incluant les trichlorométhanes, chloroformes, bromoforme, dichlorométhane et dibromométhane furent trouvées dans toutes les eaux potables préalablement chlorées. Un grand nombre d'études furent menées sur le développement du cancer causé par l'eau destinée à la consommation. La plupart des études utilisent des données sur la population pour trouver une relation entre la distribution géographique de l'eau potable et le risque de mort par cancer. D'autres études s'intéressent à l'eau de source qui fut utilisée par les personnes développant un cancer et l'eau de source utilisée par les personnes qui moururent d'un autre mal. En raison du caractère non direct des mesures effectuées, des variables furent prises pour les eaux de surfaces contre les eaux souterraines, les eaux chlorées contre les eaux non-chlorées et les eaux transportant de la pollution industrielle contre l'eau sans pollution. Ces études montrent qu'il y a une relation entre la qualité de l'eau destinée à la consommation et les cancers des intestins, de la vessie et du rectum. (Cantor, 1980

Ce qu'il faut retenir de toute cette science

Toutes ces considérations scientifiques peuvent paraître quelque peu imbuvables, si l'on peut dire. Elles nous apprennent cependant que le chlore, matière de base dans le traitement des eaux potables, paraît inoffensif à première vue si on met de côté le goût et l'odeur qu'il donne à l'eau. Mais sa consommation permanente pendant des décénies peut avoir des effets sur la santé, comme le montrent les études réalisées au Canada et en Espagne (entre autres). Bien entendu, tout le monde n'est pas égal devant les risques et les organismes fragiles sont plus exposés. L'idéal serait de se passer de chlore pour le traitement des eaux, mais il faudrait y mettre les moyens.

S'il fallait conclure cet article en quelques mots, nous utiliserions l'adage bien connu et qui marche à tous les coups:

Vaut mieux être riche et en bonne santé que malade et sans le sou !

 

Livraison de colis formes par... la SAUR

Liste des réseaux, leur débit nominal et le type de traitement:

Les Egaux  4m3/heure  traitement UV

Manissola  1m3/heure  traitement UV

Cherlieu  7m3/heure  traitement chlore

Battour  3,3m3/heure  traitement UV

Les Essarts  2 m3/heure  traitement UV

Les Cottaves  3,3m3/heure  traitement chlore

Cucheron  7m3/heure  traitement chlore

Réseau principal  34m3/heure  traitement chlore gazeux

 

L'étude de la conformité de l'eau par réseau et depuis le début 2014:

Les réseaux des Cottaves, des Essarts, de Manissola et de Pagonnière-Battour n'ont connu aucun raté.

Les réseaux de Cherlieu, Cucheron, Les Egaux ont connu chacun un évènement de non respect des références de qualité, dû à la présence d'un entérocoque et un eschérichia coli.

Le réseau principal a connu un évènement de pollution bactériologique (7 eschérichia coli) et pas moins de 7 accidents de référence de qualité. C'est, semble-t-il, et de loin, le réseau où l'eau est la moins stable en termes de qualité. Compte tenu de l'espacement de certaines analyses, on peut redouter des pollutions ponctuelles qui se produiraient entre deux prélèvements et passeraient donc inaperçues.

 

 

 

 

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